CAA de MARSEILLE, , 19/06/2017, 17MA02093, Inédit au recueil Lebon

Date :
19-06-2017
Taille :
2 pages
Section :
Jurisprudence
Numéro :
17MA02093
Formation :

Texte original :

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Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B... C...a demandé au tribunal administratif de Marseille d'annuler l'arrêté du 17 juin 2015 par lequel le préfet des Bouches-du-Rhône a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français et a fixé le Maroc comme pays de destination.
Par un jugement n° 1601613 du 17 mai 2016, le tribunal administratif de Marseille a rejeté sa demande.
Procédure devant la Cour :
Par une requête enregistrée le 19 mai 2017, Mme C..., représentée par Me A..., demande à la Cour :
1°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions de l'article R. 811-17 du code de justice administrative, le sursis à exécution de ce jugement du tribunal administratif de Marseille du 17 mai 2016 ;
2°) d'enjoindre au préfet des Bouches-du-Rhône de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour avec autorisation de travail dans le délai de quinze jours à compter de l'arrêt à intervenir ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 400 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991, son conseil s'engageant en ce cas à renoncer à percevoir la part contributive de l'Etat au titre de l'aide juridictionnelle.
Elle soutient que :
- l'exécution du jugement attaqué, qui rend possible la mise en oeuvre de l'obligation de quitter le territoire français, risque, dans cette mesure, d'entraîner pour elle des conséquences difficilement réparables ;
- les moyens d'annulation qu'elle a présentés dans sa requête d'appel sont sérieux.
Par un mémoire en défense, enregistré le 2 juin 2017, le préfet des Bouches-du-Rhône conclut au rejet de la requête.
Il soutient que la requérante n'établit pas l'existence d'une situation créatrice de conséquences dommageables difficilement réparables impliquant qu'il soit sursis à l'exécution du jugement en cause, et ne fait état d'aucun moyen sérieux permettant de justifier l'annulation de l'acte contesté.
Mme C... a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 12 septembre 2016.
Vu :
- la requête à fin d'annulation enregistrée le 19 mai 2017 sous le n° 17MA02094 ;
- les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
1. Considérant qu'aux termes de l'article R. 811-14 du code de justice administrative, " Sauf dispositions particulières, le recours en appel n'a pas d'effet suspensif s'il n'en est autrement ordonné par le juge d'appel dans les conditions prévues par le présent titre " ; que l'article R. 811-17 de ce code prévoit que " le sursis peut être ordonné à la demande du requérant si l'exécution de la décision de première instance attaquée risque d'entraîner des conséquences difficilement réparables et si les moyens énoncés dans la requête paraissent sérieux en l'état de l'instruction " ; que le second alinéa de l'article R. 222-1 du même code dispose que " (...) les présidents des formations de jugement des cours peuvent (...), par ordonnance, rejeter les conclusions à fin de sursis à exécution d'une décision juridictionnelle frappée d'appel (...) " ;
2. Considérant, d'une part, qu'en tant qu'il rejette les conclusions de Mme C... dirigées contre le refus de titre de séjour, le jugement du tribunal administratif de Marseille du 17 mai 2016 ne peut entraîner aucune mesure d'exécution susceptible de faire l'objet du sursis prévu à l'article R. 811-17 du code de justice administrative ; que les conclusions que Mme C... a présentées à cette fin sont, dès lors, irrecevables ;
3. Considérant, d'autre part, qu'il ressort des pièces du dossier que si Mme C..., de nationalité marocaine, célibataire et sans charge de famille, soutient être entrée en France en 2000, elle n'établit pas y avoir résidé de manière habituelle depuis cette date par les différents documents qu'elle produit, qui prouvent au mieux une présence ponctuelle sur le territoire national ; qu'elle ne démontre pas être dépourvue d'attaches familiales au Maroc, qu'elle a quitté à l'âge d'au moins 29 ans, et où résident son père et ses frères ; qu'elle ne justifie d'aucune insertion socio-professionnelle en France ; que, dans ces conditions, la requérante n'établit pas que l'éventuelle exécution forcée de la décision d'éloignement dans l'attente de la décision sur le fond du litige risquerait d'entraîner pour elle des conséquences difficilement réparables ; que, par suite, sans qu'il soit besoin d'examiner le caractère sérieux des moyens invoqués, Mme C... n'est pas fondée à demander qu'il soit sursis à l'exécution du jugement du tribunal administratif de Marseille du 17 mai 2016 en tant qu'il rejette ses conclusions dirigées contre l'obligation de quitter le territoire français ;
4. Considérant qu'il résulte de tout ce qui précède qu'il y a lieu de rejeter la requête de Mme C... selon la procédure prévue par les dispositions précitées de R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions à fin d'injonction et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du même code et de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 ;
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme C... est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B... C...et au ministre de l'intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Bouches-du-Rhône.
Fait à Marseille, le 19 juin 2017.
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N°17MA02093